La parole à... Nadine Castellani Labranche, Pilote de la cellule de veille de la FERC

1) Peux-tu présenter ton parcours dans la CGT, notamment pour y promouvoir le féminisme ?
Professeuse de maths, je suis adhérente à la CGT Educ’Action 13 depuis 1994. J’ai milité très vite dans mon établissement scolaire, au sein de mon syndicat mais aussi à l’interpro (CE UD 13, mandatée CESR PACA). J’ai également été élue à la CE nationale de la CGT Educ’Action (2008-2025), à son bureau national (2011-2017) et à la CE de la FERC CGT (2013-2019).
En 2012, nous avons été plusieurs militantes à contribuer à la création de la Collective au sein de la CGT Educ’Action, avec pour objectif la prise en compte des revendications féministes dans l’Éducation nationale et dans l’organisation syndicale. J’ai accepté de co-animer ce collectif « non mixte » jusqu’en mai 2025.
Égalité professionnelle, stéréotypes de genre dans l’éducation, place des femmes dans la CGT : ces thèmes ont fait l’objet de notre réflexion et ont été déclinés en formations proposées aujourd’hui par la FERC.
Aujourd’hui je poursuis mon engagement au sein de la Collective, du collectif femmes mixité de la FERC et depuis juin 2024, je pilote la cellule de veille contre les VSS au sein de la FERC, créée lors du dernier congrès fédéral en 2023.
2) Quel est le rôle de la Cellule de veille fédérale et son activité depuis sa création ?
Son rôle est donc de lutter au sein de la FERC contre les Violences Sexistes et Sexuelles (VSS). Elle est composée de dix camarades issu·es des organisations fédérées et formé·es.
À l’aide d’une adresse dédiée (cellule-vss-ferc@ferc-cgt.org), un·e camarade (ou son syndicat) peut nous saisir sur des comportements sexistes ou des VSS dont elle ou il aurait été victime de la part d’un·e adhérente de la FERC.
Si les faits rentrent dans le cadre défini par la Commission exécutive de la FERC, nous constituons deux collectifs : recueil de la parole de la victime, recueil d’informations.
Lorsque nous considérons que nous avons recueilli assez de témoignages, les deux collectifs déterminent ensemble la caractérisation des faits (définitions et textes juridiques à l’appui) et les préconisations pour constituer un dossier que nous présentons à la victime puis au syndicat du/de la présumé·e agresseur·se
À ce jour, la cellule de veille a été saisie 8 fois. Sur certains dossiers, nous sommes amené·es à travailler avec la cellule de veille de la CGT.
3) Comment la rendre encore plus efficace ?
La cellule de veille de la FERC manque encore de visibilité. Aussi, nous devons relancer une campagne sur l’existence de cette cellule de veille et son fonctionnement auprès de toutes les organisations fédérées.
Nous pouvons proposer du matériel pour un affichage dans les locaux syndicaux, dans les salles des réunions d’instances. Les membres de la cellule sont prêt·es d’ailleurs à venir en faire une présentation.
Mais la prévention des VSS au sein de notre fédération reste le point essentiel. Il s’agit de former un maximum de camarades pour éviter la multiplication des saisines. La mise en place de référent·es VSS pendant les congrès par exemple peut jouer ce rôle de prévention.
L’idéal serait que la cellule n’ait plus de dossiers à traiter car aucune VSS n’aurait été commise !

