Généralisation du repas à 1 euro – conditions de mise en œuvre et sécurisation
Déclaration FERC-CGT au CSA du MESR – séance du 3 février 2026
Généralisation du repas à 1 euro – conditions de mise en œuvre et sécurisation
En prenant en considération que le gouvernement a décidé de généraliser le repas à 1 euro à l’ensemble des étudiant·es, que l’aggravation continue de la précarité étudiante et la nécessité de garantir un accès effectif à une alimentation de qualité et en reconnaissant rôle central du réseau des œuvres dans la mise en œuvre de cette politique publique, la FERC et l’UNCROUS CGT alertent solennellement sur le fait qu’une généralisation du repas à 1 euro ne peut être mise en œuvre efficacement et durablement sans une évaluation préalable et objective des capacités réelles du réseau, d’un financement à hauteur des besoins et de lancements de travaux immédiats impliquant des moyens supplémentaires fléchés par l’État.
L’hétérogénéité des situations entre les Crous en matière d’infrastructures, de capacités de production, d’accueil et d’effectifs, les tensions existantes sur les organisations de travail, les effectifs et les conditions de santé et de sécurité des personnels et les risques juridiques, sanitaires et de sécurité liés à une surfréquentation non maîtrisée des restaurants universitaires imposent une prise de conscience de la part du gouvernement dans la mise en place de cette décision.
Il faut :
1) La réalisation urgente d’un état des lieux exhaustif dans chaque Crous, sous la responsabilité des directions générales et présenté dans les instances compétentes, portant notamment sur :
– les capacités structurelles et matérielles des restaurants universitaires,
– les conditions de sécurité et de sécurité incendie,
– l’hygiène et la sécurité alimentaire,
– l’organisation du travail et les ressources humaines disponibles,
– les conditions d’accueil des étudiant·es et les risques de saturation du service,
– la capacité de chaque direction générale à estimer précisément le coût complet du repas à 1 euro et le coût global de sa mise en œuvre sur la période concernée, incluant les besoins en financements complémentaires.
2) Une consolidation nationale obligatoire de ces états des lieux et chiffrages par le CNOUS, permettant :
– une vision nationale objectivée des capacités réelles du réseau,
– l’identification des disparités territoriales,
– l’évaluation du coût global national de la généralisation du repas à 1 euro,
– la transmission de ces éléments à l’État afin de conditionner l’octroi des moyens nécessaires.
3) La mise en place d’une mission nationale d’accompagnement de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR), afin de :
– établir un diagnostic indépendant et national des capacités réelles des Crous,
– identifier les risques en matière de sécurité, d’hygiène et de conditions de travail,
– objectiver les besoins en moyens humains, matériels, immobiliers et budgétaires,
– définir les conditions d’une mise en œuvre sécurisée, équitable et soutenable de la mesure sur l’ensemble du territoire.
4) L’octroi de moyens supplémentaires fléchés par l’État :
– recrutement de personnels titulaires et la formation de tous les personnels recrutés, à organiser dès maintenant,
– investissements matériels et immobiliers,
– financement durable permettant de couvrir l’intégralité du coût réel de la mesure.
5) Une méthode respectueuse du dialogue social :
– présentation des états des lieux consolidés et des conclusions de la mission IGÉSR dans les CSA, les F3SCT et les CA,
– association effective des représentant·es des personnels,
– refus de toute précipitation et de toute mise en œuvre dégradée.
Nous affirmons que l’accès à une restauration universitaire à 1 euro est un objectif légitime, mais qu’il ne peut se faire au détriment des personnels, de leur santé et de leur sécurité, ni au détriment de la qualité du service public rendu aux étudiant·es.
La mise en œuvre de cette mesure doit être conditionnée à l’évaluation des capacités réelles des Crous, à l’accompagnement de l’IGÉSR, à une consolidation nationale par le CNOUS et à l’octroi de moyens supplémentaires par l’État dès à présent.
