Education Femmes mixité International

 L’Afghanistan, victime du grand jeu !

 

Les Taliban ne se trompent pas, le pouvoir se maintient, au long terme, par l’éducation.

En Afghanistan, après 40 ans de guerre, les structures sociales étaient en lambeaux. Seul souvent le système éducatif perdurait en essayant de développer l’ouverture d’esprit des futur·es citoyen·nes femmes comme hommes.
Depuis de nombreuses années et particulièrement depuis 2017, la CGT est en contact permanent avec les syndicats afghans soutenant leurs luttes pour les droits des travailleur·ses et les droits humains.

NUAWE [1], c’est 161 000 actuellement dont environ 23 000 femmes

Ses adhérent·es sont essentiellement des fonctionnaires, dont des enseignant·es, mais aussi des salarié·es du privé. En 2020, le syndicat a créé un bureau dédié à la question des droits des femmes, un autre chargé de développer l’éducation et la formation professionnelle et syndicale des travailleur·ses.

Parmi ses femmes et ses hommes courageux (NUAWE a toujours eu, depuis sa création en 1967, un fonctionnement paritaire H/F) beaucoup ont été abattu·es par les Taliban dès leur conquête d’une zone géographique. Mais, jusqu’à la chute de Kaboul, iels n’ont jamais cédé ni devant les Taliban ni devant les gouvernements corrompus.

Depuis la signature des accords de Doha en février 2020, accords signés entre les Taliban et les États-Unis, tout un·e chacun·e savait que le peuple afghan était sacrifié au profit de la sécurité du retrait des troupes des États-Unis.

Devant cette situation le syndicat NUAWE a contacté la CGT afin de sauver les vies de celles et ceux qui parmi les militant·es étaient connu·es et directement menacé·es.

Nous avons répondu à leur appel et tout de suite pris contact pour accélérer leurs démarches de demandes d’asile politique.

Après de nombreuses actions auprès du gouvernement français, généreux dans les discours, réticent dans la pratique, et avec l’aide et le soutien de la CSI, les militant·es ont pu être exfiltré·es d’Afghanistan et sont actuellement en France, Canada, Allemagne… De nombreux·ses autres militant·es ont pu être exfiltré·es d’Afghanistan, mais sont toujours de façon précaire au Pakistan, Ouzbékistan, Iran.

Le présent

Le collectif femmes-mixité de la CGT, la FERC-CGT, « Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs [2] » et « Urgences afghanes [3] » ont lancé un appel pour la scolarisation des femmes afghanes, appel à diffuser et à relayer. Cet appel est disponible sur demande auprès de la FERC-CGT.

L’Internationale de l’Éducation (IE) est en train de mettre en place un outil accessible pour s’assurer que les Afghan·es puissent bénéficier de l’éducation la plus ouverte et la plus inclusive possible et que les fonds octroyés par l’UNESCO ou d’autres
donateur·trices arrivent aux destinataires légitimes et ne viennent pas gonfler les poches déjà bien remplies des potentats locaux.

L’avenir

Le 2 mai à Paris, NUAWE, la CSI, la CGT, la CFDT, FO, l’IE (et à travers elle la FERC-CGT) et différents syndicats de plusieurs pays ont créé un « Observatoire des droits humains et syndicaux en Afghanistan » dont la finalité est de permettre la continuité
de l’activité syndicale en Afghanistan, de faire connaître les violations des droits humains et syndicaux en Afghanistan, de permettre aux réfugié·es afghan·es de vivre dignement dans les pays d’accueil et d’éviter que le peuple d’Afghanistan ne sombre dans les bas-fonds de l’histoire.

Sylvain Goldstein


[1National Union of Afghanistan Workers and Employees

[2Association qui accueille beaucoup des réfugié·e·s afghan·e·s et qui travaille avec NUAWE et la CGT.

[3Collectif qui s’est créé à l’été 2021 en soutien aux femmes afghanes. Ce collectif travaille avec « Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs » et la CGT.