Journée d’étude fédérale « protéger les jeunes en formation professionnelle »
Cette journée d’étude sera passée, non pas entre les gouttes, mais entre la neige et la tempête… La diversité des lieux de travail de la soixantaine de participant∙es (lycée professionnel et agricole du public et du privé sous contrat, lycée maritime, CFA des Chambres de Métiers et d’Artisanat, AFPA, collège avec et sans SEGPA, Lycée Général et Technologique…) et la présence importante de camarades de l’interpro montre que ce sujet mobilise largement. Nous avons eu le plaisir d’accueillir Prisca Kergoat, Séverine Depoilly, Zoe Rollin et Andrea Tadeo-Granda, des chercheuses dont les travaux ont alimenté le travail sur nos repères revendicatifs sur la formation professionnelle.
Jeunes en formation ou enfants au travail ?
On parle souvent de mineurs en formation, mais il faudrait cesser d’euphémiser et parler d’enfants. En effet, selon les textes de l’ONU, les droits de l’enfant s’appliquent à toute personne âgée de moins de 18 ans. Avec la fin du redoublement, les élèves en formation professionnelle sont de plus en plus jeunes. Selon l’éducation nationale, plus de 68 % des 2nde Bac Pro ont 15 ans ou moins et 46% des élèves commençant un CAP ont moins de 16 ans. Les travaux de Prisca Kergoat et de Zoé Rollin montrent que ces jeunes le vivent ainsi et ont le sentiment qu’on leur vole leur jeunesse, comme cette apprentie esthéticienne citée par Zoé Rollin. « On vous lance dans un monde adulte […] dans le monde des grands […] j’ai l’impression de ne pas être passée par la case ado. »
La formule « c’est le métier qui rentre » illustre la banalisation des accidents graves et mortels au travail qui touchent les jeunes en formation. Tous les secteurs présentent des risques. Séverine Depoilly a présenté ses travaux sur des élèves de Bac Pro des métiers du soin et du lien, formation féminisée à 90%. Pendant des stages en EHPAD, les élèves sont exposées à une violence « émotionnelle », elles sont confrontées à la mort de résidents.
Il y a les risques visibles, mais il y a aussi l’exposition aux produits CMR, à travers de l’exemple des apprenti∙es coiffeuse et carrossiers, on peut voir que les normes de genre (« les gants c’est pour les faibles »), mais surtout le contexte de formation en production sont des freins à la protection. Bien que l’institution ne s’en préoccupe pas, les Violences Sexistes et Sexuelles au Travail sont aussi une problématique qui touche les apprenti·es et les stagiaires. Valérie Labatut et Nazli Nozarian, nos camarades inspectrices du travail, ont présenté le rôle de l’inspection du travail dans la protection des mineur·es en formation.
La journée s’est conclue avec une réflexion sur notre revendicatif et sur l’action au quotidien dans les établissements, notamment en renforçant la prévention. Par exemple en faisant intervenir l’inspection du travail avant les départs en entreprise des élèves. L’actualité récente a montré l’urgence de faire vivre nos revendications.

