Élections municipales 2026 - L’extrême droite progresse : la résistance doit s’organiser

Les élections municipales 2026 sont intervenues dans un contexte social et démocratique particulièrement préoccupant, que ce soit à l’échelle nationale ou internationale. Ce contexte favorise l’invisibilisation des questions sociales et laisse la place aux questions sécuritaires et de repli sur soi.
On peut également souligner une abstention en hausse : 42,8% au 1er tour et 43,8% au second tour, ce qui confirme la profonde colère démocratique qui traverse le pays.
Résultats de l’extrême droite :
L’extrême droite conquiert en tout plus de 70 communes.
Plusieurs villes détenues par le RN sont restées dans le giron du parti dès le 1er tour, avec des résultats très hauts pour certaines : Perpignan, Hénin-Beaumont (77,71%), Hayange (72,96%), Bruay-la-Buissière (81,44%), Beaucaire, Moissac, Camaret-sur-Aigues (72,99%), Le Pontet, Fréjus. Dans leurs sillages, 11 nouvelles communes sont tombées dans l’escarcelle du parti également dès le 1er tour.
Au second tour, le RN prend une trentaine de villes supplémentaires, auxquelles il faut ajouter les maires UDR (parti de Ciotti), divers extrême droite comme Ménard à Béziers, ou des « sans étiquettes » ou des « divers droite » pourtant bel et bien soutenus par le RN.
Si le RN échoue globalement à prendre des grosses villes, il faut souligner le coup dur de la victoire d’Eric Ciotti, sur une liste UDR-RN, à Nice. À Marseille, si Franck Allisio échoue à remporter la mairie centrale, le RN réussit tout de même à remporter 2 mairies de secteur.
L’extrême droite concentre l’essentiel de ses victoires dans les villes de moins de 20 000 habitant·es, soit près de 75% des mairies remportées. Seulement 5 communes de plus de 50 000 habitant·es et 2 de plus de 100 000 habitant·es. Les listes RN ont, en outre, fait élire plus de 3000 conseillers municipaux, soit près du double du précédent record atteint lors des municipales de 2014.
Une progression à pondérer
En dehors de ses zones de prédilection (pourtour méditerranéen et Pas de Calais), le RN est bien en peine, surtout dans les grandes agglomérations : Toulouse, à peine à 5 % ; Strasbourg, 6,5 % ; Nantes, 4,7 %. Paris, moins de 2%. Seulement 5 listes sur les 25 déposées par le RN dans les communes de plus de 100 000 habitant·es ont réussi à réunir 20 % des voix au premier tour.
Les gros ratés du RN sont Toulon dans le Var, Nîmes dans le Gard ou encore Lens et Calais dans le Pas-de-Calais.
Travailler dans l’unité à contrer les projets nauséabonds de l’extrême droite
Dans les dizaines de villes conquises par l’extrême droite les attaques sévères contre les services publics, l’école, le monde associatif, culturel, artistique, sportif sont à prévoir.
La CGT devra se battre dans les territoires pour garantir l’accès de toutes et tous à l’éducation, à la culture et aux services sociaux. L’école publique doit rester une priorité et bénéficier de moyens suffisants. Les municipalités doivent préserver les budgets qui leur sont consacrés et soutenir les associations d’éducation populaire, la création artistique ainsi que l’accès de toutes et tous aux pratiques culturelles et sportives.
Autant de domaines dans lesquels les organisations de la FERC CGT, particulièrement concernées, auront toute leur place pour œuvrer à construire des cadres unitaires de luttes et de résistance.

