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 Crise du COVID-19

 

Notre planète est en train de traverser une très grave crise sanitaire, c’est inédit mais au regard de nos modes de vie, de production et d’exploitation des richesses ce n’est sûrement pas la dernière…

Depuis la mise en place des mesures de confinement de nombreux salarié·es se battent pour faire arrêter toutes les activités non-essentielles et pour assurer les conditions de sécurité sanitaire pour celles et ceux dont les activités sont indispensables. Évidemment la CGT apporte son soutien à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, pour ne pas laisser cette crise amplifier encore les inégalités dans le monde du travail. Parce qu’il est hors de question que la préservation de l’économie prime sur la préservation de la santé et la vie de toutes et tous !

On le voit dans nos champs, la crise et le confinement ramènent au premier plan des questions et des revendications qui sont depuis longtemps portées dans nos organisations. Celle des moyens pérennes pour la recherche publique évidemment, mais également celle de l’autonomie des universités qui laisse aux président·es une bien trop grande marge de manœuvre dans la mise en œuvre des consignes nationales et dans la gestion des personnels du site. Que dire des services externalisés dont les salarié·es sont menacés de chômage. Il faut que ces services soient réintégrés dans les services publics.

La mise à mal des structures de la formation professionnelle par les réformes successives et les baisses de budget, va peser fortement sur un monde du travail fragilisé par la crise et qui aurait absolument besoin de formations longues et qualifiantes pour permettre l’accès de toutes et tous au travail. Elle sera aussi indispensable pour accompagner les évolutions de la production qui sont devant nous pour faire face aux mesures de transition écologique.
Dans l’éducation, la fermeture de l’ensemble des écoles, collèges et lycées mais aussi de toutes les structures d’accueil associatives, sportives, médico-éducatives, a laissé de nombreux jeunes et leurs familles face à leurs difficultés d’organisation, d’apprentissage, d’accès à la culture et aux connaissances… Cette situation inédite met du coup en lumière le rôle absolument indispensable de l’ensemble de ces structures publiques et non-lucratives. Aucune émission de télévision, aucune messagerie, aucun document ne peut remplacer ce qui se construit chaque jour entre l’ensemble des adultes et des jeunes présents dans tous ces lieux à vocation éducative ! N’en déplaise au ministre de l’éducation et de la jeunesse et à sa communication de camelot qui assure qu’il ne « laissera aucun enfant au bord du chemin » ! Ce serait risible si ce n’était pas aussi énervant de la part d’un ministre dont le bilan est bien d’exclure de plus en plus de jeunes de l’accès aux études et aux qualifications !

Après la crise, nous devrons obliger nos gouvernant·es à en tirer les leçons. Nous ne pourrons pas reprendre nos activités et nos vies en laissant le gouvernement profiter de sa loi d’urgence sanitaire pour casser encore et toujours plus les droits et les conquis sociaux. Au contraire les constats faits et partagés avec la population doivent nous permettre de remettre en cause le partage des richesses : l’urgence ne pourra pas être de verser des dividendes aux actionnaires mais de rémunérer le travail en donnant le pouvoir de décision et de gestion aux travailleurs et travailleuses. Les services publics présents pendant la crise, avec des agent·es engagés pour le bien commun, devront être reconnus, renforcés, développés sur tout le territoire. Plus largement des pans entiers de notre économie devront être remis sous contrôle public, on ne peut pas laisser la production de médicaments, de l’énergie, la gestion des transports entre les mains de multinationales échappant à tout contrôle. Il faudra aussi imposer d’autres modes de production respectueux de l’environnement et de la biodiversité.

Les constats et les applaudissements d’aujourd’hui doivent construire nos revendications de demain !