Environnement

 A l’occasion de la journée du 25 mars 2023 et de la grève mondiale pour le climat, la FERC CGT rappelle qu’elle a des revendications

 

En 2022, le jour du dépassement* de la Terre est intervenue le 28 juillet dans un contexte marqué par des phénomènes climatiques extrêmes. La prise de conscience et la volonté d’agir collectivement et/ou individuellement se manifestent face au dérèglement climatique qui impacte notre quotidien dans la sphère privé comme dans la sphère professionnelle.

En tant qu’organisation syndicale, la CGT a les moyens d’agir. Les changements nécessaires doivent s’opérer à différents niveaux à permettre la conquête de nouveaux acquis et l’amélioration des conditions de travail et des conditions d’études pour toutes et tous. La production, quelle qu’elle soit, doit être repensée dans sa globalité et dans sa dimension de filière : de la recherche au recyclage en passant par la conception du produit. Il faut pour cela que le secteur de la recherche obéisse à des objectifs de bien commun et non de rentabilité. La France doit respecter l’obligation européenne de consacrer 3 % de son PIB au secteur recherche & développement pour permettre l’évolution de nos modes de production.
Dans ce cadre, la recherche publique est indispensable.

Ensuite, les discussions doivent se dérouler dans les instances représentatives des personnels avec un réel pouvoir de décision et d’intervention face aux choix de l’employeur, à l’opposé de la loi de transformation de la fonction publique qui doit être abrogée.

Agir sur nos conditions de travail et nos conditions de vies : de la restauration au transport et aux déplacements, en passant par les investissements, la conception et l’entretien des bâtiments ou la gestion des déchets et de l’énergie :

  • Inciter les établissements à diminuer leur empreinte carbone par exemple en fixant des objectifs transparents, atteignables et les moyens pour y arriver, objectifs dont ils en seraient tenus responsables et en rendraient compte régulièrement ; agir pour compenser leurs émissions de CO2 sur le plan environnemental avec l’entretien des espaces « verts » et de la biodiversité et en encourageant les pratiques durables et écologiques (sans pesticides) et naturelles.
  • Des bâtiments et des établissements repensés avec une rénovation qui diminue l’impact écologique (baisse des émissions des Gaz à Effets de Serre, consommation électrique, gestion des déchets). Ces rénovations doivent prendre en compte les changements climatiques déjà perçus dans nos classes et dans nos services.
  • Les nouvelles constructions devront prendre en compte cette nécessité. Nous devons également nous poser la question du devenir des établissements touchés par une restructuration et/ou une fermeture : déconstruction, recyclage des matériaux.
  • Des services de restauration en lien avec l’agriculture raisonnée et/ou biologique, en circuit court, avec un coût modéré pour les salariés·es, élèves et usagers.
  • Les nouvelles acquisitions devront se tourner vers des produits reconditionnés. Le recyclage et le traitement obligatoire des matériels informatiques devenu obsolètes doit se faire via des filières vertueuses.
  • La mobilité donc les transports (des personnes et des marchandises), et les télécommunications sont aussi des dimensions cruciales dans la vie des citoyen.ne.s. Le dérèglement climatique, le coût des déplacements, l’aménagement du territoire avec le coût du logement obligent à une réflexion et à des solutions globales.
  • Le mal-logement s’amplifie en France, livrant le logement social à la loi du marché. La situation nécessite de relancer la production de logements accessibles et durables et de mettre en place un plan d’urgence de rénovation des logements du parc social et privé afin de répondre aux besoins de la population. C’est une mesure de salubrité publique qui permet de faire baisser la consommation énergétique, mais aussi une mesure permettant d’améliorer le pouvoir d’achat puisqu’aujourd’hui les plus modestes consacrent plus de 30 % de leur budget à des logements de faible qualité environnementale.

Travailler pour le futur et faire évoluer les formations :

  • Il faut repenser les qualifications et faire évoluer les formations des formateurs, élargir les démarches pédagogiques et les contenus en y incluant les dimensions économiques, sociales et démocratiques allant plus loin qu’une conception environnementale de la crise climatique. La formation continue peut être un moteur impulsant une meilleure prise de conscience des problématiques environnementales.
  • Repenser le contenu des programmes et formations avec des modules sur l’agriculture biologique, la rénovation énergétique, l’isolation du bâti, les matériaux écologiques, les énergies renouvelables, le respect de la biodiversité, par exemple. Pour la rénovation thermique globale des logements, il faudrait former près de 400 000 professionnels pour pouvoir rénover 1 million de logements/an d’ici 2050 et ainsi atteindre la neutralité carbone du parc du logement français. Ceci nécessite un investissement de 38 milliards d’euros.

Le monde, en général, l’Europe et la France, en particulier, sont-ils prêts à ces changements face à la radicalité des événements ?

Il n’y aura pas d’enrayement de la logique de destruction actuelle, d’exploitation et d’expropriation du monde vivant, si l’on ne sort pas des logiques capitalistes d’accaparement et d’appropriation des terres et des corps.

La situation écologique est telle qu’on n’y fera pas face uniquement par des changements économiques et techniques, cela demande également une modification des modes de consommation et, plus généralement, des modes de vie. Sans une politique du quotidien, sans reconstruction collective et radicale de notre subsistance, il n’y aura pas de société égalitaire ni écologique : une société débarrassée du capitalisme et du patriarcat.

Le 25 mars 2023, grève mondiale pour le climat

* la date à partir de laquelle l’humanité a consommé (empreinte écologique) l’ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année (biocapacité).