Solidarité ? Vraiment ? Ce n’était pas les vacances pour tout le monde !

En ce mois de juillet girondin enflammé comme il y a quatre ans – quelles leçons a-t-on tirées du précédent drame ? – il est fait appel à la solidarité, ce qui est tout à fait normal lorsqu’il y a plus de deux cent mille personnes forcées de quitter leur lieu d’habitation ou de villégiature. On pourrait croire que cet élan de générosité et d’entraide fraternelle serait partagée à tous les niveaux. Trois exemples bordelais métropolitains montrent qu’il y a encore pas mal de progrès à faire :
- La mairie de Bordeaux a demandé aux parents de garder leurs enfants et de ne pas les envoyer aux centres aérés. Les parents de ces enfants, fonctionnaires ou autres de la municipalité, ont demandé un jour de congé pour répondre aux injonctions municipales ; refus du maire de Bordeaux (Cazenave, celui qui, soutenu par le RN, avait refusé une augmentation des crédits des Sdis lorsqu’il était ministre de Macron).
- Les Transports de Bordeaux Métropole comptent un certain nombre de pompiers ou pompières volontaires parmi leur personnel. Les lignes étant réduites (horaires d’été plus ouest métropolitain évacué), celleux-ci ont demandé de pouvoir aller au feu. Réponse de la direction : d’accord mais prenez des RTT. HONTEUX !
- Bureaux de poste et centres de tri fermés pour cause d’évacuation : les postiers et postières ont été considéré-es comme en congé : SCANDALE !
La colère monte ! D’autant que, devant le vieillissement de la flotte de Canadair, dès 2019-2020, la CGT Dassault (dont certaines usines se trouvent sur les territoires impactés) avait demandé le lancement d’études pour un avion de lutte anti-incendie basé sur la gamme Falcon. Cette orientation a été suivie par la direction, qui a présenté en 2023 un projet concret de Falcon 2000 XLS FireFighter. Pourtant, ce projet n’a pas été retenu par l’État, au motif d’un manque de moyens...Effectivement, les moyens allaient aux armes de guerre.
De même, après les gigantesques incendies de 2022, il avait été demandé par les autorités départementales d’établir une base de Canadair ou autres moyens aériens en Gironde ou dans les Landes, ce qui pourrait accélérer le combat contre le feu grâce à la proximité ; là encore, rien n’a été fait. Et deux heures de retard (temps de vol) ça compte dans la lutte contre le feu !
A côté de cela on voit que les gens du peuple se sont mobilisés : outre les dons (trop nombreux !) certain-es se sont mobilisé-es pour accueillir les personnes évacuées ou préparer des repas pour les soldats et soldates du feu.
Et maintenant, alors que le Parc des expositions a fermé vendredi 31 juillet au soir (après avoir accueilli jusqu’à 6 000 personnes), sa plateforme logistique s’affaire à la redistribution des dons reçus pendant l’incendie. Quarante palettes sont à destination de la Banque alimentaire, tandis que le reste sera envoyé aux communes, aux SDIS et aux associations.
Bernard SARLANDIE, Sden 33

