Education Populaire, outil de transformation sociale.

Mise à jour (12 octobre) : en raison de l’annonce d’une mobilisation nationale et interprofessionnelle sur la date du 5 novembre, le colloque, initialement prévu ce jour là, est reporté à une date ultérieure.
"Une éducation pour le Peuple, par le Peuple lui-même" [1] pourrait-on paraphraser ! Mais à l’heure du "backlash" [2] où les idées réactionnaires resurgissent de toutes parts, il est nécessaire de rappeler que le mouvement ouvrier, à la fin du XIXème siècle, s’est approprié ces outils d’émancipation.
Dès 1895, avec les Bourses du Travail, la CGT place l’éducation populaire au cœur de l’identité ouvrière. Fondée sur le principe de l’auto-émancipation, cette démarche refuse une culture de masse aliénante au profit de loisirs favorisant le développement critique des travailleurs. Plus tard encore à la Libération, CGT a été un acteur majeur lors la création des comités d’entreprises et leurs activités sociales et culturelles. La CGT y a défendu un accès à une "culture noble" et des pratiques sportives ou touristiques non marchandes, opposées aux logiques de profit. Cet esprit s’est traduit par des alliances fortes avec la Ligue de l’Enseignement ou la FSGT, la CGT nouant alors avec le mouvement associatif des relations parfois très étroites.
A l’heure du "réarmement" idéologique, l’IHS - FERC et l’IHS National, ont décidé de retracer cette histoire, et comment l’éducation populaire a transformé la société sur cette longue période, en proposant un colloque le 5 Novembre à Montreuil, avec de nombreux témoignages d’acteurs et d’experts du domaine. Ouvert à toutes et tous, conformément aux pratiques de l’éducation populaire les échanges seront nombreux tout au long de la journée, y compris lors de la pause méridienne, où le repas sera pris en commun.
5 thèmes seront abordés :
- L’éducation populaire au temps des Bourses du Travail
- Le tournant du Front Populaire
- L’éducation populaire et les Comités d’Entreprises
- Les relations de la CGT et les associations d’éducation populaire
- Formation syndicale et éducation populaire, l’émancipation par le syndicalisme, hier et aujourd’hui.
L’enjeu reste actuel : réaffirmer l’éducation populaire comme un outil de transformation sociale et non comme une simple prestation de services. Car, depuis les années 1990, le tournant néolibéral fragilise ce modèle. La marchandisation du secteur, la baisse des financements publics et le récent "Contrat d’Engagement Républicain" menacent l’autonomie associative. La journée se terminera donc par un débat : Du projet émancipateur à la marchandisation ? Syndicalisme, éducation populaire et les enjeux actuels. Sophie Binet, Secrétaire générale, est annoncée, sauf impératif de dernière minute.
Une occasion de reprendre confiance collectivement pour se dire "qu’un autre monde est possible", et que les générations précédentes nous ont montré la voie pour ce faire, et les outils qui vont avec ! Et pourquoi pas pour porter un projet de loi cadre ?
Venez nombreuses et nombreux.

