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 Communiqué - Journée mondiale du climat : "Syndicalistes et écoféministes" !

 

Le concept d’écoféminisme est revenu dans notre pays par suite des mobilisations pour le climat et l’arrivée en première ligne de jeunes femmes.

Au cours d’un débat des années 1970, Françoise d’Eaubonne disait « la société mâle et industrielle est arrivée à la destruction de l’environnement, c’est une menace pour la planète. Je suis à fond pour que les hommes perdent le pouvoir. […] Cette société mâle doit devenir une société où les femmes prendront le pouvoir pour le détruire immédiatement ». Ces propos peuvent nous paraitre excessifs et pour le coup très MLF. Françoise d’Eaubonne relie patriarcat et capitalisme en disant que ces deux faits permettent aux hommes une domination sur les femmes et sur la nature. En luttant contre les deux, elle permettait aux femmes d’accéder aux pouvoirs et aux décisions. L’époque était aussi à la reprise du corps des femmes par les femmes par la gestion de la natalité (contraceptif et droit IVG).

Aujourd’hui ce concept a été repris pour diverses raisons, d’abord parce que les inégalités entre les femmes et les hommes sont toujours prégnantes et elles sont toujours liées à l’association du patriarcat et du capitalisme. On prend, on utilise et on jette que ce soit un bien de consommation ou le corps des femmes.
Sur le plan international, l’arrivée de Greta Thunberg sonne la fin d’un discours bien huilé et le début des règlements de compte. Ses discours et ses interventions ponctués de « comment osez-vous ? » et ses différentes actions font d’elle un symbole pour de nombreux et nombreuses écologistes. Elle est également la cible de nombreuses critiques parfois violentes et sexistes.

Le dérèglement climatique, c’est notre présent à toutes et tous, partout dans le monde. Phénomène global, il appelle des réponses mondiales : baisse massive des émissions de gaz à effet de serre, lutte contre les pollueur·ses et le système productiviste qu’ils et elles nourrissent, solidarité internationale entre les pays riches et le Sud, justice sociale et protection des droits humains doivent être les principes directeurs de l’action pour la justice climatique. Nos dirigeant·es en sont encore à discuter des moyens à mettre en œuvre face aux changements climatiques ou à tenter de verdir leur image, en même temps que celles de nombreuses entreprises multinationales. Ils et elles restent sourd·es aux interpellations, aux pétitions ou aux marches massives à travers le monde. Ils et elles s’assoient sur les rapports du GIEC et les alertes de scientifiques. Ils et elles regardent ailleurs alors que les dérèglements climatiques sont toujours plus nombreux, plus violents et plus meurtriers. Face à cette inaction climatique, qui devient un véritable crime contre le vivant, c’est aux mouvements populaires de prendre la relève. Partout dans le monde, la mobilisation citoyenne s’organise : défense des terres et des droits, blocage de projets polluants, actions dans les tribunaux, grèves pour le climat, etc.
Dans notre sphère privée, le constat est fait que ce sont les femmes qui sont les plus impliquées écologiquement dans le quotidien (au vu du partage déséquilibré du travail domestique) : elles confectionnent des produits d’entretien à base de produits plus naturels, elles trient les déchets, elles achètent en vrac et tentent de réduire les déchets de la maison. Qui met les appareils en heures creuses ? Qui se déplace le plus à pied ? Qui participe à l’éducation des enfants sur ce thème ? D’ailleurs, Le concept de réutilisation des sacs pour les courses est considéré comme une action féminine. Certes le pouvoir de transformer le monde est entre nos mains. A la manière du battement d’ailes du papillon capable de générer des tempêtes à l’autre bout du monde, l’effort individuel de la femelle colibri peut-il contribuer à la libération de toutes et tous ? Pas sûr…

La FERC-CGT rappelle :

  • qu’elle combat le système patriarcal, fondé sur une domination des hommes sur les femmes et toute forme de discrimination.
  • Qu’elle lutte pour l’égalité filles-garçons et dénonce les stéréotypes de genre.
  • Qu’elle défend l’accès des femmes aux postes de responsabilités dans tous les métiers et à tous les niveaux.
  • Qu’elle revendique l’égalité salariale et professionnelle.

Une lutte collective contre le capitalisme et le patriarcat permettra des avancées réelles pour les travailleuses et les travailleurs. A l’heure où la CGT s’engage pour une transition écologique respectueuse non seulement de la planète mais des salarié·es, nous sommes toutes et tous concerné·es !

Montreuil, le 7 novembre 2021